Les missions de Lire en Afrique en Janvier 2002

lundi 6 mars 2023
par  LEA

Objectifs de la mission :
- Rencontrer les nouvelles équipes des bibliothèques qui marquaient le pas dans leur fonctionnement (Ouakam, Keur Massar, Yoff 2 « Aminata Sow Fall »),
- Mettre en place les nouvelles bibliothèques de N’dande, Dagana et Matam.
- Rencontrer la DLL et l’ambassade de France pour les questions relatives aux envois et réceptions de livres et l’organisation de notre séminaire annuel.
- Initier les nouveaux projets en rencontrant les porteurs de projets des nouvelles demandes : Pire Goureye, Niaga, Loul Sessene, Dioffior.

Les conditions de transport exceptionnellement favorables, nous ont permis de tout réaliser, y compris la visite de toutes les bibliothèques en fonctionnement.

Compte Rendu de mission au Sénégal
du 19 au 2 février 2002
Marie Josèphe Devillers et Eliane Lallement

VISITE DES BIBLIOTHÈQUES EN FONCTIONNEMENT

YOFF

Pour pouvoir connaître les nouveaux bibliothécaires et progresser sur la résolution du problème de l’équipe de gestion de la bibliothèque Aminata Sow Fall de Yoff 2, nous retournons habiter à Yoff, après quatre années d’hébergement à Ouakam, et nous installons à l’auberge « Tefesgui ».

Bibliothèque Ousmane Sembene de Yoff
Le rendez-vous avec l’équipe de bibliothécaires pris depuis Paris, pour le dimanche 20, ne pourra avoir lieu pour des raisons de match de foot et il ne sera pas possible d’en organiser un autre. Malgré nos trois visites au domicile de Alassane Faye, il n’a pas été possible de le rencontrer (pas encore levé ou déjà couché). Nous avons pu faire un rapide tour de la bibliothèque : les livres neufs, romans du programme et romans africains sont toujours en cartons dans la salle informatique. Il y a également une dizaine de cartons de romans de poche en anglais.
Concernant les livres en arabe, depuis que les livres sont à la BOSY, ils sont toujours en cours d’étiquetage et non disponibles à la lecture. Ali M’bengue promet de s’en occuper. Nous lui donnons rendez-vous pour le mois de mai 2002.

Ecole Yoff 3

Nous visitons la bibliothèque de Yoff 3, installée par un projet sur financement de la région Rhône-Alpes. Elle est installée dans la salle située derrière le bureau du directeur. En plus des étagères que nous avions fait installer en 1990, l’association a financé des étagères murales identiques sur le mur qui lui fait face. Il y a environ 2000 livres (jeunesse et manuels)

Bibliothèque Aminata Sow Fall à l’ école 2

Selon les informations recueillies, la bibliothèque ne fonctionne toujours pas, fermée par le nouveau directeur Monsieur Touré. Monsieur Diagne, l’ex directeur de l’école, se serait manifesté auprès des bibliothécaires de la BOSY pour relancer l’activité. Nous nous rendons chez lui avec deux bibliothécaires de la BOSY : Alioune Gueye et Mamadou Samba.
Nous convenons qu’il est nécessaire de relancer l’activité avec une nouvelle équipe de jeunes bénévoles. Monsieur Diagne rappelle, qu’étant en retraite, il est disponible et il demande l’aide d’Alioune pour la formation. Nous convenons d’aller voir monsieur Touré, l’actuel directeur, pour une explication. Monsieur Diagne suggère d’impliquer les freys de Yoff.
La rencontre a lieu le soir à 20H, dans les locaux de la bibliothèque de Yoff 2. Les explications sont assez houleuses et menées de mains de maître par le Frey – ancien directeur de Yoff 2 avant Mr Diagne et actuellement inspecteur d’Académie. Il est décidé de réouvrir la bibliothèque au prêt avec une nouvelle équipe. Monsieur Diagne relancera un comité de pilotage avec les parents d’élèves auquel Mamadou Samba participera. Nous nous donnons rendez-vous pour un bilan en Mai 2002 et promettons 1000 livres nouveaux selon les résultats obtenus destinés à remplacer les 1500 livres disparus.

Le CEM

Nous rencontrons Monsieur N’Gom à l’école Yoff 3. Il nous apprend qu’il s’occupe de la bibliothèque du CEM et nous invite à passer le voir. Le CEM se trouve dans une vaste zone en construction : les zones d’extension de Yoff. Une salle est attribuée à une bibliothèque, plutôt magasin de manuels, équipée d’étagères en béton de 50 cm de profondeur et 50 cm de hauteur. Il y a un certain nombre de manuels. Monsieur N’Gom réclame une bibliothèque comme la BOSY ou celle de Yoff2.
Nous rencontrons le proviseur et lui proposons de faire savoir à ses élèves et professeurs qu’ils peuvent utiliser les services de la BOSY qui offre ce dont ils ont besoin. Il semble qu’il n’ait pas connaissance de cette bibliothèque.

ADY (Association pour le Développement de Yoff)

Nous avions donné deux ordinateurs en septembre 2001 et avons pu en apporter un nouveau en janvier. Un quatrième trop lourd (35 KG) est resté à Paris. La visite du local montre une absence de table pour poser les appareils et de housses pour les protéger de la poussière. Nous passons commande de 2 tables auprès du menuisier Diagne (frère de Mamadou) pour 1400 FRF et MJVD achète 10 m de tissu pour faire fabriquer des housses par un couturier ami de Mamadou Samba. MJVD filme le local après réalisation.

OUAKAM

L’association ALAL (Association Les Amis du Livre) a repris la gestion de la bibliothèque en intégrant Adji. Ils ouvrent trois soirs par semaine après la classe. Ils sont une quinzaine de jeunes du quartiers Sinthe (quartier de chez N’diaye, en face du cimetière). Ils proposent des cours de soutient qu’ils diffusent dans 3 salles situées dans 1 baraque en bois traditionnelle et un local entre le foyer et chez N’diaye (derrière chez l’oncle pécheur, médaillé par Abdou Diouf).

Nous tenons une réunion avec eux et les responsables du foyer le dimanche 20. Ils contacteront la BOSY pour une réunion de formation à la gestion. Un éclaircissement est donné sur les relations entre le trésorier du foyer et l’équipe de gestion de la bibliothèque.

Les murs de la bibliothèque sont maintenant entièrement couverts d’étagères et de livres. Les tables et les chaises ont été installés dans le grand hall qui sert de salle de travail.

Nous leur parlons de la demande que nous avons reçue de la part de scouts français de consacrer le mois d’août à une action au Sénégal en faveur de la lecture des jeunes enfants. ALAL est d’accord pour les recevoir et les impliquer dans leur projet d’activité de vacances. Nous précisons le sens que nous attendons de cette collaboration : ce que les français attendent et ce qu’ils doivent donner en retour.

KEUR MASSAR

Nous avions appelé Monsieur Ka depuis Paris pour l’avertir de notre arrivée et de notre désir de relancer l’activité de la bibliothèque de Keur Massar. Arrivées à Yoff, il nous invite à déjeuner le dimanche avec ses amis de Defar Keur Massar. Une vingtaine de retraités sont chez lui lorsque nous arrivons, nous déjeunons avec eux et discutons de la nécessité de relancer l’activité et de trouver un autre local. Une réunion est prévue à l’école 1 de Keur Massar pour le mercredi.

Participent à la réunion une délégation de Defar Keur Massar, Monsieur Dramé et un nouvel instituteur qui arrive de Podor, Moussa Cissé. La bibliothèque est bien rangée, les livres sont toujours en place tels que nous les avions classés en 1999. Monsieur Dramé fait une rapide synthèse du fonctionnement : les enseignants viennent à la bibliothèque avec les élèves et distribuent les livres aux CM2. La bibliothèque a un accord avec le foyer du CEM pour permettre aux élèves de fréquenter la bibliothèque : c’est le président du foyer qui accompagne les élèves qui veulent emprunter les livres. A Keur Massar ils utilisent essentiellement les ouvrages jeunesse.

Monsieur Cissé et Monsieur Badiane vont reprendre la gestion de la bibliothèque. Monsieur Sarr, nouveau directeur a déplacé son bureau et redonne la pièce à l’activité bibliothèque. Ils vont créer des cartes de membres et demander une cotisation. Nous demandons d’impliquer les jeunes élèves en tant que responsables des prêts et promettons une nouvelle dotation en livres et les romans du programme selon les résultats obtenus.

Nous pouvons lire sur le tableau les informations suivantes :
Nombre d’élèves de l’école 1422 dont 689 filles
Entrée en sixième 233 dont 95 filles, admis 87 dont 24 filles.

Monsieur Cissé nous offre un livre jeunesse qu’il a réalisé dans son précédent poste à l’école de Podor qui est jumelée avec une école d’un village de la région de Sézanne. Ils ont écrit un livre ensemble : Monsieur Cissé est déjà venu à Sézanne.

SEBIKOTANE

Une discussion assez vive s’engage entre Babacar Diouf, Assane Seck et nous, à propos de l’ordinateur et des échanges de messages. Nous apprenons qu’ils ont été humiliés par Maktar Faye de Ouakam qui s’est moqué d’eux à cause de la poussière et ils se sentent découragés de n’avoir pas reçu le cadeau promis : l’ordinateur. Nous apprenons un proverbe sérère : entre nous et eux c’est comme la langue et les dents : quelque fois les dents mordent la langue mais nous sommes obligés de cohabiter.

Nous visitons la salle possible et MJVD propose de donner 30 000 CFA pour financer le carreau cassés qui devrait empêcher la poussière d’entrer. Ils nous disent ne pas avoir reçu les livres du programme. A notre retour du Nord nous en achetons 37 à la librairie des 4 vents et les leur portons le jour de notre départ.

Le local réservé à la bibliothèque est dangereusement fissuré. On peut voir le jour. Nous donnons rendez-vous à Gana Fall qui fait partie maintenant de la délégation spéciale et revenons le jour de notre départ. Nous lui demandons un nouveau local : les deux pièces situées sur l’aile droite qui étaient le bureau et la chambre de l’ancien directeur et qui sont libres maintenant. Gana Fall invite Babacar Diouf le lundi suivant à la mairie pour en discuter.

Le gardien, Monsieur Goudiabi, comme chaque année nous demande du matériel vidéo pour dit-il faire des projections aux enfants.

Babacar Diouf a fait remarquer à la délégation spéciale qu’il y a un problème de bénévolat et qu’il sollicite un salarié. Nous lui rappelons les risques, qu’il a d’ailleurs rencontré lui-même avec le directeur fonctionnaire qui a failli bloquer leur activité. Il se range à notre avis.

Ils ont 265 abonnés. Les notions de rangement et propreté ne semblent toujours pas acquises. Nous faisons remarquer les cartons qui traînent au milieu de la pièce, le tas de rebuts et chaises cassées entassés dans un coin, l’épaisseur de poussière sur les étagères. Le foyer lui-même est très sale. Nous en parlerons à Gana lors de notre prochaine rencontre.

Gana nous rappelle sa demande pour un projet de bibliothèque à Ndangane dont il nous a parlé en 1998. Nous convenons d’y aller lors de notre prochain séjour.

BARGNY

Nous passons rapidement à Bargny. Ils ont déménagé dans la maison de la femme où ils disposent d’une petite pièce à gauche. La salle est trop petite mais ils ont pu installer les étagères tant bien que mal. Il leur reste environ 30 cartons soit 1000 livres qui ne peuvent pas tenir. Ils ont deux ordinateurs dans la pièce et semblent donner des cours.

Seyni Seck nous dit continuer la bagarre pour obtenir le local situé en face et qui est beaucoup plus grand et sert une fois par semaine pour des cours de couture, ils vont essayer de négocier un échange avec la délégation spéciale. Ils comptent demander des étagères au menuisier Birame N’diaye qui a déjà équipé la salle de délibération de la mairie.

Oumar Fall est à l’ENA pour devenir inspecteur du travail.

Nous visitons la Maison de la femme dont la plupart des salles sont inoccupées, il y a même un jardin public qui n’est fréquenté par personne. Le gardien est l’allié des bibliothécaires.

MISE EN PLACE DES NOUVELLES BIBLIOTHEQUES

DAGANA

Nous sommes invitées à dîner chez Omar Sarr le dimanche soir de notre arrivée. Il y a chez lui un de ses anciens collègues, professeur d’économie à l’Université Cheikh Anta Diop : Samba Ka. L’ambiance est joyeuse, Omar n’arrête pas de plaisanter avec Samba Ka.

Nous lui rendons visite à la SICAP. Son bureau de Directeur Général de la SICAP est immense, et dispose d’un ascenseur et d’un escalier privés, d’une terrasse, d’un petit salon plus cuisine et salle de bain.

En face de son bureau, on aperçoit une bibliothèque que nous visiterons. C’est l’ancienne bibliothèque de la SICAP reprise par la ville de Dakar. Elle est bien située sur rue (comme une boutique) tout près du quartier des SICAP. Un bibliothécaire diplômé de l’EBAD, Sada Kane, s’en occupe. Elle est ouverte du matin au soir, chaque jour de la semaine. Il n’y a que de vieux livres pour adultes et beaucoup d’usuels. Il ne reçoit que des étudiants qui viennent travailler. Il n’y a pas un seul livre jeunesse. Nous allons réfléchir à comment aider cette bibliothèque.

Omar qui doit aller à Dagana le mercredi suivant pour inaugurer l’usine de tomates, il ne viendra pas avec nous, mais il met une voiture et un chauffeur à notre disposition. Nous devrons passer à son bureau le jeudi matin.

Nous partons le jeudi matin, Rendez-vous 9H au bureau de Omar pour prendre la voiture. Nous attendons dans la cour son arrivée puis dans la salle d’attente jusqu’à 11H. Enfin, la secrétaire nous fait entrer, Omar nous reçoit, nous prenons rendez-vous pour le mercredi suivant et partons.

Le chauffeur Cheikh N’diaye était en fait le chauffeur du précédent Directeur Général de la SICAP, décédé l’an dernier. Omar a pris le poste avec son chauffeur, Moussa et Cheikh se retrouve sans emploi. Il est appelé pour des missions de courte durée. Il a rendu notre circuit très agréable et s’est révélé être un excellent conseiller.

A Saint-Louis nous passons dans les jardins de la poste pour une bière dans un endroit luxueux au bord du fleuve. Cheikh connaît cet endroit, son ancien patron originaire de Saint-Louis y donnait des soirées.

A Dagana, nous nous rendons chez Birahim qui a fait construire une nouvelle maison en dur avec terrasse ombragée au bord du fleuve. Nous le trouvons à la boutique, il nous attendait pour le lendemain seulement. Nous habitons chez Cheikh Sarr. Birahim se propose de prévenir Abiboulaye Diop pour un rendez-vous à la bibliothèque le lendemain matin à 9H.

Le lendemain, à 9H30 personne devant la maison communautaire. Nous prenons une calèche « Taxi Toyota » pour nous rendre au lycée, saluer le proviseur Monsieur Ba (ancien professeur à Abdoulaye Sadji de Rufisque) de la part de Mamadou Diallo, censeur du nouveau lycée de Rufisque que nous étions passé voir pour lui livrer les cadeaux de Marlène.

Nous apprenons de Monsieur Ba qu’il est membre de la délégation spéciale. Nous le mettons au courant du projet bibliothèque. Il pensait qu’il s’agissait d’une bibliothèque pour la municipalité, nous lui expliquons notre volonté de faire gérer la bibliothèque par un collectif de jeunes lecteurs. Il nous parle de l’existence d’un foyer au lycée.

Nous prenons rendez-vous avec les jeunes du foyer à 15H. Pendant la coupe d’Afrique les cours arrêtent chaque jour à 14H. Nous retournons en calèche rechercher la voiture pour conduire monsieur Ba à la mairie pour récupérer la clé. Nous nous rendons à la bibliothèque avec Monsieur Ba et Abiboulaye Diop.

Les étagères sont installées mais décollées du mur d’une vingtaine de centimètres. Des livres sont installés, d’autres sont sortis des cartons mais sont posés en tas à même le sol. Une couche de poussière couvre le tout. Dans la grande pièce contiguë reste un gros tas de cartons et une épaisseur de poussière impressionnante.

Nous demandons le ménage avant de commencer à remuer les livres. Monsieur Ba retourne à la mairie demander des manœuvres pour balayer la grande pièce. Voyant le temps passer nous décidons de commencer le travail de restructuration du classement avec délimitation de zones et sélection des livres à mettre en rayon maintenant. Nous commençons par laver le sol en nous faisant aider de jeunes lycéens rencontrés à la boutique qui trouvent des seaux pour charrier de l’eau de la maison de Cheikh Sarr à la bibliothèque.

Nous réorganisons la bibliothèque et privilégions, les livres jeunesse, les manuels, usuels et romans du programme, les documentaires et ce qui reste d’étagères accueillera quelques centaines de romans adultes. Les 6 étagères à 6 niveaux permettent d’accueillir 3500 ouvrages donc la moitié des 7000 livres envoyés. Nous laissons 90 cartons alignés dans la salle attenante et plaçons sur deux palettes les romans sortis des cartons qui ont été donnés aux villageois. Nous achèterons une bâche plastic pour les protéger de la poussière.

Une vingtaine de jeunes arrive à l’heure dite. Ils sont tous membres du foyer du lycée. Les jeunes élèves de Salam que nous avions rencontré l’an dernier se sont joints à l’équipe. Nous leur expliquons ce que nous attendons d’eux : gérer la bibliothèque. Nous leur expliquons les règles du classement. Ils travaillent avec nous et reviennent le lendemain pour continuer.

Nous discutons de l’ouverture officielle. Ils sont impatients de commencer parce que les livres du programme et les manuels les intéressent énormément. Nous nous arrêtons sur la date du 02 02 2002.
Les étagères sont défectueuses, les pieds centraux cassent sur 3 des 6 étagères, nous faisons venir un menuisier pour réparer. Nous lui demandons un devis pour les 5 étagères supplémentaires. Le coût total en fraqué sur 7 niveaux est 44% inférieur au prix payé pour les étagères qu’Abiboulaye a fait faire par son cousin.
Abiboulaye insiste auprès de MJVD pour que l’on finance les 5 étagères supplémentaires MJVD sait résister. Nous savons que la mairie de Dagana a reçu un budget pour le complément d’équipement de la bibliothèque.

Nous ne verrons Abiboulaye qu’en fin de journées : il passe en coup de vent pour vérifier. Il dispose d’un bureau à la mairie et a complètement abandonné la bibliothèque. Il attend que l’eau et l’électricité soient installées pour ouvrir. Le bâtiment peint en blanc est couvert de poussière, abrite des nids d’oiseaux, semble abandonné alors qu’il est tout neuf.

Nous décidons de faire un bilan écrit pour Omar que Birahim lui portera puisqu’il part pour Dakar et proposons une convention décrivant les rôles et responsabilités de chacun. Nous commandons un tampon à faire réaliser à Dakar, monsieur Ba ne veut pas que les livres sortent sans être tamponnés.

Nous partons vers Matam et donnons rendez-vous à l’équipe pour le mercredi 16 H

Le mercredi au retour de Matam, nous déposons Ahmed Gueye à la gare routière de Richard Toll et Cheikh nous conduit dans un super hôtel/resraurant sans que nous ayons besoin de lui demander. Nous déjeunons (cher et pas bon) et partons pour Dagana.

Chez Birahim il y a foule, Omar en tant que chef de parti et les deux députés PDS de la région plus des solliciteurs. Ils ont inauguré l’usine de tomates le matin et ont une réunion du parti à Richard Toll l’après-midi.

Nous sollicitons une audience et sommes reçues officiellement par Omar dans le salon de Birahim. La discussion est assez tendue, en fait depuis le début il y a un malentendu sur la définition de la bibliothèque. Omar veut en faire une bibliothèque municipale gérée par du personnel rémunéré, il veut faire de Dagana une ville universitaire dans le cadre de la décentralisation prévue par le gouvernement. Dagana serait dévolue à la formation agricole. Nous défendons la gestion dynamique par une équipe de bénévoles. Il accepte à condition que ce soit une entité reconnue, il accepte que ce soit le foyer du lycée en tant que tel.

Nous décidons de rédiger la convention et cherchons un ordinateur que nous ne trouverons pas.

Nous arrivons en retard à la bibliothèque, les jeunes lycéens ont fait les cents pas entre la maison communautaire et la maison de Cheikh, mais ils sont tous là. Ils ont rédigé le règlement intérieur, ont continué le reclassement des livres jeunesse. Une équipe de filles décidées semble s’impliquer. Nous espérons beaucoup de cette équipe. Elle ne se sent pas suffisamment sûre d’elle pour insérer seule les 3500 romans adultes en stock dans le classement. Nous leur proposons d’attendre notre retour pour faire cela ensemble.

Nous passons voir Monsieur Ba chez lui le soir avant notre départ, nous restons presque deux heures à lui faire le compte rendu de nos différentes discussions. Son attitude est étonnante après nous avoir dit ses craintes d’entrée de jeu sur les risques pris avec une équipe de bénévoles, il conclut par une grande confiance dans l’équipe de bénévoles et une grande méfiance vis à vis de l’équipe de la mairie. Il attend impatiemment la convention et nous promet de tout faire pour équiper rapidement la bibliothèque.

MATAM

Nous arrivons à Matam de nuit, nous trouvons la maison de Mamadou Gueye en embarquant des gosses dans la rue, l’un des jeunes est bibliothécaire. Il nous apprend que la bibliothèque du lycée est ouverte depuis le mois de décembre et que les prêts ont commencé.

Le projet de construction
Le lundi matin 9H, nous nous présentons au lycée. Nous sommes reçues par le proviseur Monsieur Seck.
Nous tombons en plein drame. Un groupe de français est dans le lycée depuis quelques semaines : un projet constitué de 8 jeunes en réinsertion sociale accompagnés de 2 instructeurs et d’une responsable de mission. Ils construisent deux salles de classe. C’est un projet initialement trouvé par l’association des matamois en France et destiné à la construction de la bibliothèque et réorienté par le proviseur vers la construction de 2 salles de classes.

Aujourd’hui, après trois semaines de travail, les jeunes font grève, ils veulent du coca cola tous les jours et exigent des frites et non du riz aux repas. De plus, la veille dimanche ils se sont saoulés et ont dépensé 300 F en une soirée.
Les jeunes français gagnent 3000 FRF par mois. Leur hébergement (ils louent une maison à Matam) et transport sont intégrés au budget du projet. Des ouvriers sénégalais travaillent avec eux sur le chantier, et en fait, ce sont ces derniers qui font le travail et sont payés 4800 F CFA pour 3 jours. Les instructeurs et la responsable de mission confient leurs états d’âme aux responsables du lycée sans bien mesurer les écarts de mode de vie. Les responsables du lycée semblent très compatissants devant ces enfants aussi indisciplinés.

Nous visitons le chantier. Un autre chantier est en cours sur le même périmètre il s’agit de la construction de 3 salles pour les classes de sciences dont le financement semble pris en charge par l’Education Nationale.

Monsieur Seck nous parle d’un plan pour la construction de la bibliothèque pour regretter aussitôt sa non réalisation : il s’agit du partenariat Saint Louis/Nord Pas de Calais, il aurait déposé un dossier mais Matam étant érigé en région la région Nord Pas de Calais a recalé son dossier.

La bibliothèque qui est déjà baptisée : sur les murs peint en rouge on peut lire :« Bibliothèque El Hadj Hamidou Kassé ». On apprend que c’est un jeune écrivain né à Matam, sa mère et ses frères y vivent encore. Il vient de recevoir le prix du président de la République pour son dernier roman, il est le nouveau directeur général du Journal Le Soleil.

De retour à Dakar, nous nous présenterons dans les locaux du Soleil et obtiendrons un rendez-vous sans difficulté. Hamidou Kassé nous apprendra alors qu’il n’est pas retourné à Matam depuis 4 ans mais qu’il a bien reçu le courrier de Monsieur Seck lui apprenant que la bibliothèque porte son nom. Il dit avoir mobilisé les écrivains de son entourage pour faire un don à la bibliothèque lors des journées culturelles prévues en mars prochain.

Il a appelé son rédacteur en chef pour un article avant de prendre congés. Le rédacteur en chef nous conduit chez le journaliste chargé de la rubrique culture et un article devrait paraître.

Nous constatons que la salle réservée à la bibliothèque sert de salle de classe.
Les étagères ont été installées entre les paillasses. Beaucoup de livres sont toujours en cartons (une vingtaine) faute de place sur les étagères. Le tri a été fait par matière mélangeant manuels, documentaires et livres jeunesse.

Nous proposons une réorganisation par zones : jeunesse, scolaires (manuels, docs et romans du programme) romans et l’adoption du mode de classement des bibliothèques.

Les professeurs ; Messieurs Diatta et Kamara sont exonérés de classes pendant les deux jours de notre séjour. Nous ne rencontrerons pas les bibliothécaires bénévoles. Tout le monde a été désigné : les profs par le directeur, les élèves par les profs choisis parmi les meilleurs en français.

Le classement est laborieux, des élèves viennent donner un coup de mains pour une heure mais se fatiguent vite à ce jeu. Nous aurons du mal à boucler en deux jours l’ensemble du reclassement. Quant à former à d’autres aspects du poste de gestionnaire de bibliothèque, il n’en sera même pas question.

Nous présentons nos doutes à Mamadou Gueye et allons trouver monsieur Seck chez lui à qui nous rappelons, Mamadou et nous, nos principes de fonctionnement et nos appréhensions :
la bibliothèque sert de salle de classe et les livres ne sont donc pas libres d’accès, les bénévoles ne sont pas volontaires.

Fouta Santé
Nous étions à Matam, en même temps que le projet Santé Fouta et sommes allées plusieurs fois à l’hôpital d’Ouro Sogui, pour rencontrer ces chirurgiens venus de France, qui en une semaine, vont soigner et opérer des centaines de personnes venant parfois de loin, y compris de Mauritanie.

PROJET DE RAMASSAGE DES ORDURES

Nous rencontrons la volontaire du progrès recrutée par le conseil régional Nord Pas de Calais pour surveiller le déroulement du projet de ramassage des ordures via des chevaux et charrettes.

C’est un projet pilote qui a vocation à s’étendre aux autres villes de la région. Le projet existe depuis plusieurs années. Il a financé l’achat des charrettes et des chevaux, la construction des hangars. Actuellement, il y a cent abonnés à Dagana qui doivent payer une somme modique chaque mois pour le ramassage. Le projet ne peut pas continuer sans subvention. La nourriture des chevaux, selon Anta, coûte trop cher. Anta aurait préféré un tracteur aux chevaux. Le conseil régional donne des subventions de fonctionnement.

La volontaire cherche un logement pour 2 ans à Dagana, elle le veut assez grand pour recevoir les autres volontaires de la région (ils sont 6). Chaque volontaire dispose d’une voiture et reçoit une indemnité mensuelle de 60 000 FCFA pour le logement + 150 000 FCFA pour vivre.
Le siège est à Saint-Louis, il y a trois permanents pour gérer tous les projets de la région Nord Pas de Calais : 2 français et une secrétaire sénégalaise.

VERIFICATION DES PREREQUIS DES NOUVELLES DEMANDES

PIRE GOUREYE

La demande nous est parvenue de Annie Léon, habitante de Rennes qui intervient dans des projets au Sénégal, elle nous a donné des contacts locaux.
Le premier contact à lieu dans l’immeuble administratif au ministère de la justice dans le bureau des naturalisations avec Demba Sow. Il y a énormément de dossiers en souffrance. Lorsque le dossier est complet, il peut attendre entre 2 et plus de 10 ans, sans que l’on connaisse vraiment les critères. Actuellement les demandes émanent essentiellement des libano-syriens qui résident depuis longtemps au Sénégal et souhaitent la nationalité sénégalaise pour des raisons fiscales. Les autres sont des demandes d’autres africains (maliens, guinéens) qui résident depuis longtemps au Sénégal. Pour ce qui concerne l’acquisition de la nationalité par le mariage c’est vrai pour les étrangères qui épousent un sénégalais, ce n’est pas vrai pour les étrangers qui épousent une sénégalaise.

Pire est une ville de 12 000 habitants. Il y a 2 écoles (700 et 550 élèves) et un CEM (300 élèves). Pour le lycée, les enfants vont à Tivaouane (11 km) ou à Meckhé (14km). Les étudiants sont à Dakar où ils ont formé une association ASP.

La population vit de l’agriculture : arachide, mil, manioc, maïs. La culture dominante est l’arachide. Il y a beaucoup d’immigrés en Italie, où ils sont modou-modou (vendeurs à la sauvette) : plus d’une centaine dans ce village, ils ont entre 20 et 30 ans, il y en a au moins 1 par famille, certaines familles en ont jusqu’à 4. Ils rentrent l’hiver et font construire des maisons en dur et importent des voitures.

L’association de Rennes a construit 2 salles de classe et un bâtiment administratif. Actuellement, ils poursuivent avec la construction de la maternité à la demande de la population. C’est un projet de 130 millions. C’est Rennes qui propose la bibliothèque, eux n’ont pas formulé de demande. Il y a un groupe de jeunes, organisé en association qui pourrait être intéressé à gérer la bibliothèque.

Nous présentons nos activités et il nous donne les contacts sur place : Babacar M’baye instituteur à l’école 1 . Il ne nous cache pas que ce n’est pas une demande de leur part mais plutôt une suggestion de la part d’Annie Léon et des scouts de Rennes. Lui et la population de Pire sont polarisés sur la construction de la maternité.

Le local qu’ils proposent est situé au centre du village. Ce sont les entrepôts des coopératives d’arachide de l’époque coloniale. Ils ne servent plus. Il y a trois grandes salles qui ont été utilisées comme salles de classe du CEM avant la construction du nouveau complexe. La pièce de gauche pourrait être affectée à la bibliothèque moyennant quelques travaux de réhabilitation : trous dans la toiture et dans quelques parpaings, enduit de ciment au sol qui s’effrite.

La pièce de droite est une ancienne boutique coloniale (comme celle de Thilmakha) et dispose d’étagères. Il est possible de les récupérer pour la bibliothèque moyennant un lifting : rabotage des planches brutes ; remontage dans la pièce de gauche, peinture.

Tous ces travaux seront listés à Annie Léon afin que Rennes les prenne en charge lors de leur prochain séjour prévu en juillet 2002.

NIAGA

C’est également une demande de Annie Léon.
Niaga est le village donnant accès au Lac Rose. Notre contact est Pierre Gomis, un guinéen catholique qui travaille dans un campement au lac rose. Il a eu l’idée de la bibliothèque, idée qu’il partage avec l’instituteur. Niaga compte 8 000 habitants. Il y a une école primaire dont 4 classes ont été construites par les japonais et sur les 4 anciennes, 2 ont été rénovées par les rennais. Les élèves vont au CEM à Bambilor ou à Keur Massar. Ils doivent trouver un hébergement sur place.

L’activité des habitants tourne autour de la collecte du sel du lac rose et le maraîchage. Ils travaillent dans les plantations qui appartiennent aux gros propriétaires de Dakar. Les petits producteurs vont vendre leurs récoltes à Thiaroye.

Pour l’extraction du sel, les collecteurs louent une pirogue contre 3 ou 4 bassines de sel. Les hommes descendent dans l’eau et cassent la croûte de sel avec une barre métallique et récupèrent avec leurs pieds sur une pelle. Les femmes portent de la pirogue à la rive. Une pirogue de sel peut se vendre entre 1000 FCFA et 10 000 FCFA selon la saison.

Il y a une petite communauté catholique (guinéens) un prêtre vient dire la messe le dimanche. Il y a un hangar à Keur Massar où ont lieu les offices catholiques. Annie Léon vient chaque année, elle fait des projets avec Pire. A Niaga elle voulait faire des projets pour les femmes, (broderie, couture) mais il n’y a pas de matériel. Elle est la marraine de la fille de Pierre Gomis.

Il y a un foyer des jeunes tout neuf, à la sortie du village vers le Lac Rose.

Pierre Gomis va chercher le chef de village qui était à une cérémonie au Lac Rose présidée par le ministre du tourisme. Ils nous conduisent à l’école primaire où nous discutons avec les enseignants. Ils proposent la salle réservée au directeur dans un bloc construit par les japonais. C’est une petite pièce de 7m de long sur 2,5 m de large. Il suffirait d’installer une ou deux étagères. Le directeur a une classe, il n’utilise donc pas son bureau.

Lorsque nous avons rendu compte à Annie Léon, à notre retour, elle nous a précisé que lors de la discussion qu’ils ont eu en septembre 2001, il était question du foyer. Il est certain que le foyer serait préférable. Lorsque nous avons évoqué cette solution, Pierre Gomis l’a écarté pour des questions de sécurité…à suivre.

DIOFFIOR

Cheikh N’diaye, notre chauffeur, nous a demandé avec insistance une bibliothèque pour son village - Dioffior - chez les sérères très pro-français et dignes voisins de Senghor. Ils sont considérés comme les intellectuels littéraires du Sénégal, nous dit-il.
Nous profitons de notre dernier jour pour faire un saut à Dioffior avec lui. Il faut environ 2 heures de route. C’est un très beau village avec de grands arbres. Nous allons directement à la mairie où un groupe attend Enda Graf qui a eu un accrochage avec la voiture.

Nous sommes reçues par le groupe et Cheikh nous présente. Le président des parents d’élèves et le surveillant du Lycée, tous deux vieux malicieux pleins d’humour nous conduisent visiter ce qu’ils appellent les 3 embryons de bibliothèques.

A Dioffior il y a 5 écoles élémentaires dont 3 de 12 classes + 1 de 8 classes + 1 de 2 classes.
Le collège à 20 classes et le lycée 6 classes.

Il y a des projets en cours pour l’éducation :
Au CEM : construction d’une bibliothèque + 3 nouvelles classes + des salles spécialisées.
Au lycée : construction du bloc administratif et de 4 classes spécialisées.

Madame Pigeon de La Chapelle Guyon a envoyé une tonne de matériel, des cahiers, des crayons.
Une association de diofforois en France a envoyé des manuels.

Bibliothèque du lycée
Dans une grande salle pleine d’objets (dont une dizaine de matelas) il y a une bibliothèque avec rayonnage qui compte environ 1000 livres essentiellement des manuels et les romans du programme en nombre + une vingtaine de dictionnaires neufs données par la coopération (ceux que l’on avait vu au CCF à Dakar et qu’ils ne nous ont jamais donné). Les élèves n’ont pas d’accès direct aux livres, ils doivent demander au bibliothécaire qui leur donne et inscrit sur un registre. Les livres du programme ont été donnés par le ministère de l’éducation nationale ? ils les ont reçu depuis un an.
Ils ont demandé de l’argent un peu partout pour construire un centre de documentation et équiper la bibliothèque. Les élèves paient 100 FCFA les extérieurs 500 FCFA.

Bibliothèque du CEM
On nous fait d’abord visiter la salle réservée à l’informatique équipée de 6 ordinateurs donnés par une association américaine. Il y a 4 équipements internet plus 3 nouveaux ordinateurs à retirer au port. C’était des touristes qui ont visité le village et au retour ils ont envoyé l’équipement.
Nous rencontrons monsieur Koné adjoint au bibliothécaire. Ils croulent sous les livres, surtout des manuels dont ils n’ont pas l’usage. Il y a deux salles pleines de livres et équipées d’étagères et de tables et sièges pour la lecture. Elle a coûté 14 millions donnés par le Fonds de Développement Européen.
Les livres de bibliothèques sont enfermés à clé dans des armoires : 1 armoire de policier, 1 armoire de littérature française en petites séries, 1 armoire de romans divers, 1 armoire de livres jeunesse soit environ 1000 livres dans les armoires. Plus des milliers de manuels et vieilles revues sur les étagères, ils sont noyés de dons et ne savent pas comment s’en sortir.
Nous proposons de revenir pour une action de réorganisation.

Bibliothèque de l’école primaire Poly Senghor
L’ancien appartement du directeur est affecté à une bibliothèque. Il y a des rayonnages et environ 3000 livres essentiellement des romans de poche pour adultes et quelques centaines de livres de la bibliothèque verte et rose. Elle ne semble pas fonctionner. Il y a un tas d’arachide dans un coin et des oiseaux ont fait leur nid.

Bibliothèque de la mission catholique
Elle existe mais nous n’en saurons pas plus

Case Bibliothèque pour la jeunesse

Située près de la mairie, c’est une case ronde que nous ne pourrons pas visiter faute de clé.

LOUL SESSENE

Nous rencontrons au CESAG Remi N’Ndofene N’Dour ainsi que Cheikh N’diaye. Cheikh N’diaye nous fait visiter les locaux de cette école de commerce créée par les divers pays africains. Les élèves sont à 20% originaires du Sénégal, les autres proviennent de tous les pays d’Afrique. Les locaux sont spacieux et somptueux : jardins, grandes salles, architecture novatrice, etc. Les études se paient très cher : 20 000 FRF de frais d’inscription en 2 ème année et 70 000 FRF en 3 ème année. Il y a également des chambres donnant sur jardins réservées aux séminaires.

Nous allons au bar de l’école pour discuter, nos deux interlocuteurs travaillant jusqu’à 20 H au centre de documentation.

Loul Sessene 3000 ha est en pays sérère, région de Fatick. On y cultive le sorgho, le mil, l’arachide et on récolte le sel.

Il y a une école primaire publique de 7 classes, une école privée catholique des sœurs de St Thomas de 6 classes plus un jardin d’enfants. Les sœurs sont italiennes et françaises.
Il y a eu une tentative de création de bibliothèque par une association d’étudiants mais ils ont buté sur le manque de salle et de mobilier. En 1986, il y avait un local provisoire de 4m sur 4m couvert d’ardoise. Il est prévu une permanence le soir pour permettre aux élèves de venir.

Le CEM est en contact avec un groupe de frères maristes de Lyon qui a été sollicité pour la construction. Ils seront là du 8 avril au 23 avril pour la construction.
Rémi nous sollicite pour transporter des manuels offerts par un établissement scolaire français, nous lui suggérons de demander au groupe de jeunes maristes, attendus en avril. Après discussion, il nous fait comprendre qu’il s’agit d’un groupe de catholique qui ne transporte pas des livres pour l’école publique sénégalaise.

THIAROYE KAO

Nous allons à la rencontre des demandeurs pour Thiaroye Kao, très compliqué pour les atteindre : il faut sortir de l’autoroute par Pikine, puis route de Yeumbeul jusqu’à la mosquée de Thiaroye Kao quartier Alioune Dia (père de Ousmane Dia). L’adresse internet d’Hamady Diallo est le voisin et le téléphone celui d’un autre voisin. Ousmane Dia est connu sous le nom de M’baye Pathé.
L’accès à Thiaroye et la ville elle-même composent une zone artisanale et commerciale mouride. Il semble que ce soit le centre de production des produits exportés et vendus par les modou-modou de par le monde (tel que vu à la télévision par EL dans un documentaire sur la diaspora mouride en France).

Les jeunes ont obtenu deux étagères selon notre plan, réalisées gratuitement par le menuisier, et en attendent deux autres. Ils ont obtenu des livres par collecte et aussi via des immigrés en France. Ils ne sont pas encore allés chercher tous les livres promis par les bibliothèques du réseau LEA, seulement Yoff et Ouakam, restent Bargny et Sébikotane. Ils ont environ 500 livres.

Ils ont deux ordinateurs et donnent des cours d’initiation à l’informatique. Il y a beaucoup de monde dans la petite salle. Ils ont créé une application pour gérer les prêts mais conservent une sauvegarde papier. Celui qui gère le prêt est un instituteur d’une école privée que nous visitons : 5 classes dans des appartements en travaux. L’école doit louer les locaux, rémunérer les enseignants. Le tarif est à 1000 FCFA par mois pour les petites classes et 3500 FCFA/mois pour les CM2.

Il ne semble pas qu’il y ait de possibilité d’autres locaux dans ce périmètre surpeuplé.
Nous voyons sur notre route une classe d’école primaire publique faite en paille sans fenêtre qui semble héberger plus de 100 enfants.

A notre retour de Dagana, nous leur apporterons 6 cartons d’albums jeunesse pour leurs enfants de maternelle. Ne pouvant leur déposer faute d’interlocuteur, ils resteront en dépôt chez Mamadou Samba.

RENCONTRE DES INSTITUTIONS AU SENEGAL

MARIETOU DIOP Directrice du livre et de la lecture Ministère de la culture

Elle s’est foulé la cheville et ne peut pas marcher, la rencontre commencée tardivement est assez brève.

D’entrée de jeu, elle nous annonce que pour notre séminaire nous aurons une salle à Douta Seck avec rétro projecteur, elle nous donne la réponse ultérieurement pour la prise en charge du repas de midi.

Elle nous informe de la tenue de la foire du livre du 2 au 7 mai et nous demande d’organiser notre séminaire à cette période, ce que nous acceptons. Le séminaire se tiendra donc le samedi 4 mai. Elle va négocier des tarifs avec les exposants dont nous pourrons bénéficier. Elle nous donne le papier qui annonce un don de 3000 FRF de livres pour 100 bibliothèques dont les nôtres. Livres qui seront achetés pendant le salon.

Elle nous présente succinctement le plan triennal en cours de négociation avec les ambassades dont celle de France :
Nous sommes concernées par ce plan, en particulier pour la formation des bénévoles. Elle nous propose des stages de quelques jours centrés sur les savoirs élémentaires et axés plus sur l’animation que sur la bibliothèconomie. Elle a retenu nos idées.

Pour le transport des livres, elle nous montre la convention qui est en cours de négociation avec ADIFLOR qui sera chargée d’organiser tous les envois de livres de la France vers le Sénégal, LEA en tant qu’association est incluse dans la convention. Elle nous demande d’attendre son accord avant de contacter ADIFLOR. Nous lui annonçons que nous avons 8000 livres en attente et 5 nouveaux projets à réaliser.

Pour le dédouanement, le retrait au port et les expéditions aux destinataires sur le territoire sénégalais, c’est la DLL qui s’en charge, y compris pour nos envois. Nous serons dispensées d’établir la liste précise des livres qu’elle exige des autres donateurs, il nous suffira de donner la composition par grande famille. Elle nous fait confiance, puisqu’elle sait que nous opérons le tri à la source.

Pour les questionnaires relatifs à nos bibliothèques nous lui remettons la synthèse avec tous les contacts pour qu’elle vérifie que toutes sont bien incluses dans son fichier. En outre, dès notre retour nous lui adresserons un fichier plus complet décrivant chacune de nos bibliothèques.

JOEL LEBRET conseiller culturel à l’ambassade de France

Il nous reçoit juste après un déjeuner avec Marietou que nous avions vu le matin.
Ils se sont donc concertés à notre sujet. Il nous dit d’entrée de jeu : « je sais déjà tout ».
Il est d’humeur légère et n’a pas envie de travailler. Il a fait une expédition de deux semaines dans la région de Kolda avec Marietou et Maguette Diop pour constater sur le terrain la réalité des bibliothèques. Il en est revenu tout excité et ne parle plus que de la beauté et l’élégance des sénégalaises. Il commence à regretter son départ prévu dans un an et demi.

Joel Lebret nous parle du projet triennal financé à hauteur de 4 millions de FRF par la France. Il sera signé le 12 février, il nous l’adresse via internet et nous demande notre avis, en retour. Il nous suggère d’inscrire nos projets dans le cadre négocié. Il n’y aura aucun autre financement d’aucune sorte pendant trois ans par la France.

Il nous propose de coorganiser notre prochain séminaire (2003) qui marquera le premier anniversaire de son projet triennal. Quel honneur !

AUTRES RENCONTRES ET VISITES

Visite de la bibliothèque de PODOR

Nous avons obtenu les contacts via Moussa Cissé de Keur Massar. Nous devons nous adresser au docteur Cissé, pharmacien à l’entrée de la ville qui nous mettra en contact avec Thierno Diop professeur de français. En fait le docteur Cissé n’est pas à la pharmacie mais un gosse nous conduit jusque chez Thierno Diop.

Nous présentons notre association et notre démarche : un article dans le soleil plus un sur internet déplorent la mauvaise qualité des livres disponibles dans la bibliothèque de Podor, puisque nous passons par-là, nous souhaitons visiter.

Podor compte 12000 habitants répartis dans 7 quartiers. Toutes les rues sont goudronnées et bordées de trottoirs cimentés, ce qui lui donne un aspect de ville que n’ont pas les autres cités sénégalaises.

En fait, il y a trois bibliothèques à Podor :

-  La bibliothèque de la mission catholique
Elle dispose de 2500 livres après un désherbage récent. Nous rencontrons le bibliothécaire dans la rue mais ne pourrons pas visiter. Ils ont 210 abonnés, la salle de lecture est ouverte en permanence, la bibliothèque est gérée par le père de la mission qui ouvre 3 jours par semaine.

-  La bibliothèque du lycée
Elle est gérée par le professeur de français Thierno Diop. Le bâtiment a été construit par le partenariat de la Région Nord Pas de Calais/ Région de Saint Louis. Ils ont d’autre part un jumelage en cours avec le lycée de Ris Orangis.
Le lycée a reçu des manuels envoyés par une association du Havre et des livres fournis par la coopération française. La salle est vaste et munie d’étagères en nombre. Ils ont des livres encore en cartons.

Le lycée compte 1000 élèves. Dans son enceinte on peut voir la bibliothèque du CEDEPS qui sert de buvette. Le lycée est équipé d’une salle informatique (comme celui de Matam) et dispose d’une adresse Internet :

-  Une bibliothèque associative
L’association ADEPO (Association pour de Développement de Podor) s’est vu confier les locaux de l’ancienne gendarmerie désaffectée, située dans l’ancien quartier portuaire, au bord du fleuve où se trouve le fort Faidherbe, en bon état de conservation, et occupé par un musée que nous ne pourrons pas visiter. Le bâtiment qui a la même architecture que celui de Dagana est très bien conservé et il y a un projet touristique conduit par un podorois.

La bibliothèque dispose de trois salles : une petite déjà équipée d’étagères garnies de 1800 livres surtout des romans adultes en livre de poche et quelques livres jeunesse. La seconde salle de même taille pourrait être également garnie d’étagères. Une grande salle est encore en travaux. Manifestement cette bibliothèque n’a pas encore commencé à fonctionner. Nous ne pourrons pas rencontrer les membres de l’association. Elle a une antenne à Dakar : ADEPO Dakar - présidée par Moussa Dar - professeur de lettres à l’Université Cheikh Anta Diop.

Vraiment, Podor est comblé.

SEVERINE ROBLIN

Séverine est une Volontaire du progrès en poste à Dakar pour le compte du Conseil Régional Ile de France chargée de suivre ses projets. Nous avons rendez-vous dans les locaux du Conseil Régional de Dakar où elle a son bureau.

Elle pense que toute action est contrecarrée par Mar Diouf par qui tout doit passer. Tout est gelé en attendant les élections. Bien qu’en poste pour deux ans, elle jette l’éponge au milieu du gué et a donné sa démission et sollicité une autre mission.

Le budget octroyé en 2001 était dévolu à la construction d’une bibliothèque et il y aurait eu d’autres fonds après pour d’autres projets. Elle nous annonce que du côté français les fonds sont bloqués.

Nous lui proposons de visiter quelques bibliothèques. Elle nous accompagnera toute la journée du mardi : Ouakam, Thiaroye Kao, Sébikotane, Bargny. Elle est davantage séduite par les étudiants de Bargny que par les enseignants de Sébikotane.


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